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J’ai vécu, il y a quelques jours, en regardant la télévision, quelque chose d’étonnant. Je ne m’étendrais pas sur l’émission elle-même dont le principe est d’amener une vedette, actrice, chanteur, vivre durant deux semaines auprès d’un peuple, si possible méconnu et surtout vivant sur un mode bien différent du nôtre. On observe et on tire les leçons de cette confrontation, ce « choc culturel ». Pourquoi pas ? Lors de la dernière on amenait donc une blonde plantureuse chez des agriculteurs/Eleveurs semi-nomades des montagnes d’Ethiopie. Ces gens vivent à près de quatre mille mètres d’altitude dans des conditions difficiles, on s’en doute. Leur quotidien tourne autour de l’essentiel qui est de se nourrir, d’avoir chaud, bref, rester en vie. Ça n’est pas de la tarte, comme on dit. Il faut aller chercher de l’eau, du bois pour le feu et à cette altitude cela tourne à l’exploit. Un père de famille raconte son angoisse à l’idée que ses enfants ne pourront rester sur ses terres, il exprime ses regrets d’avoir marié trop tôt l’une de ses filles. La dites fille a l’air d’avoir douze ans et explique avec une simplicité douloureuse que le plus difficile dans ce mariage forcé, c’était de « coucher avec son « mari »… Et voilà qu’un soir, autour du feu, on demande à la blonde étincelante, qui plus tôt dans la journée a rechigner à prendre dans ses jolies mains de la bouse de vache (pour servir de combustible), voilà qu’on lui demande ce qu’elle fait dans la vie. C’est un grand moment de télévision, un de ces moments où l’on se demande si l’on doit rire ou aller chercher sa kalachnikov. Quand on fume, on allume une cigarette, on s’agite sur son siège. Elle pouffe, ne sait trop comment répondre, par où commencer ? On la comprend. Voilà qu’il lui faut expliquer à cet homme, qu’elle gagne une fortune en se faisant photographier. Que, dans son pays, on choisit des « belles femmes » pour porter les vêtements que l’on souhaite vendre à d’autres femmes, moins « belles » mais riches… La caméra s’attarde sur l’air ahuri de cet homme, il sourit vaguement et doucement dit quelque chose comme : « Dieu te bénisse si tu peux faire quelque chose qui te plaît » Que dire d’autre ? Je n’ai que de vagues souvenirs du reste de l’émission même si, plus tard, la blonde a l’air émue et pleure parce que « c’est dur » dit-elle. Dure pour elle ? Probablement, les poses, les « donnes moi tout ce que tu as bébé ! » risquent d’avoir un goût bizarre dans les semaines qui suivront. A moins qu’un bon bain et un massage à l’huile d’argan par une masseuse berbère fassent tout oublier, avec un Martini peut-être ?

Publié dans : En passant |le 11 août, 2012 |Pas de Commentaires »

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